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Afficher article  L'essentiel du combat est le ma

Article n°9

sur le livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Le ma, concrétisation spatiale du ki


« L'essentiel du combat est le ma » est une phrase fameuse de l'enseignement de Itô Ittîsaï (XVIè – XVIIè siècles), fondateur de l'école Ittô-ryu. Il dit aussi :

« Si tu penses trop au ma, tu seras incapable de réagir convenablement au changement. Si tu n'y penses pas, le ma sera juste même dans une situation mobile. C'est pourquoi il ne faut pas attacher ton esprit au ma, il ne faut pas créer le ma dans ton esprit. Il faut être comme le reflet de la lune sur l'eau. Si l'esprit est clair comme le ciel sans nuage, tu seras comme l'eau qui reflète la lune, quelle que soit la situation... »

Comme Ittôsaï, tous les maîtres soulignent l'importance du ma. Ce terme est traduit habituellement par « distance, écart, intervalle, faille dans l'espace », mais il signifie aussi « intervalle temporel, flux physique ».

Il est fortement lié à la notion de cadence, puisque ma signifie aussi « intervalle entre les cadence ». Dans l'architecture japonaise, le ma a une double signification. Unité de mesure, il désigne l'intervalle régulier qui sépare les poteaux. En un sens plus large, il qualifie chaque pièce par la disponibilité qu'elle offre pour différentes pratiques (kyakuma, lieu des invités, ima, lieu où vit quotidiennement la famille).


D.L

Afficher article  Il faut libérer l'esprit des entraves de la conscience

Article n°8

sur le livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Le ki, guide du budô


Si l'on cherche à agir spontanément et justement, il faut libérer l'esprit des entraves de la conscience ; de là provient l'enseignement de l'esprit vide. A ce niveau, la recherche de l'efficacité aboutit à une forme de paradoxe car, si l'on veut vaincre l'adversaire (ce qui veut dire le tuer au sens technique) de la manière la plus sûre, il ne faut pas vouloir vaincre (tuer) ; il faut se détacher de la victoire, si l'on veut l'obtenir. Ce qui se rapproche de la maxime : « Il faut s'apprêter à mourir, si l'on veut survivre. »


De cette manière, l'acte du combat conduit à une introspection et à une remise en cause qui poussent vers une réorganisation de la personnalité visant à devenir plus perspicace, capable de ne pas se laisser perturber, d'agir spontanément et justement, de déployer ses capacités maximum. Le processus de cette réorganisation est l'entraînement qui comporte une tension vers l'auto-formation constitutive du budô.


Le sabre, originellement destiné à tuer l'ennemi (setsunin-ken), se transforme progressivement, avec la naissance puis la stabilisation de l'idée de sémé, en « sabre qui fait vivre l'homme » (katsunin-ken) par le fait de renforcer la conscience du poid e l'être. L'idée du budô moderne est le développement de cette pensée.


D. L

Afficher article  Le ki, guide du budô

Article n°7

sur le livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Le ki, guide du budô


Nous pouvons dire que c'est au moment où l'adepte commence à ressentir vivement le rôle du ki que sa pratique du combat rend à se constituer en une voie et qu'apparaît une véritable conscience du budô.


Votre problème sera alors : comment faire bouger l'esprit de l'autre par votre ki?

De cette manière, la visée d'un adepte se déplace progressivement d'une préoccupation de technique gestuelle simple vers un état d'esprit. Ne pas se troubler devant le sémé et discerner le faux du vrai dans les actes de l'autre revient à acquérir une perspicacité soutenue par une force d'esprit...

Mais il serait faux de dire qu'il y a une étape où l'esprit seul domine car, sans la technique corporelle, il y a pas d'art de combat.


La structure du budô est double : il faut être à tout moment prêt à déployer sa violence, mais il faut maintenir la lucidité pour que l'esprit puisse capter avec ampleur ce qui se passe alentour. La lucidité permet de transformer votre propre agressivité en un potentiel mobilisable dans un état de tranquillité. Un poème de Miyamoto Musashi communique cette disposition :


« Le courant de la rivière hivernale reflète la lune sur l'eau transparente comme un miroir »


Plonger la main dans l'eau glacée et rapide évoque un froid coupant comme la lame du sabre. Le courant, c'est aussi le dynamisme du combat. En même temps, la surface de l'eau donne l'image de la pureté et du calme. Si la surface se trouble, la lune sera morcelée.

Ce poème, souvent cité pour décrire l'état d'esprit du sabre, montre en effet la double composante de la violence et du calme.


D. L

Afficher article  La conception japonaise du ki

Article n°6

sur le livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


La conception japonaise du ki


Je pense que la sensation corporelle du ki est communément présente dans l'expérience humaine mais que la forme d'interprétation de cette sensation varie selon la culture. Par exemple, le caractère logique est bien plus développé dans les langues occidentales que la langue japonaise. Il n'y a pas dans les langues occidentales, et c'est une difficulté majeure des traductions, de mot équivalent à ki.


Ce terme recouvre en japonais des sensations et des impressions mystèrieuses, vagues, intangibles, qui touchent quelque chose au fond de notre être, qui relèvent d'une acuité probablement archaïque ou refoulée.


Cet ensemble d'impressions difficilement définissables est présent dans l'expérience quotidienne, la littérature et les arts japonais ; lorsqu'on doit la nommer, on dit le ki.


Nous nous servons quotidiennement de la télévision, de la radio ou du téléphone portable, qui utilisent des ondes électromagnétiques qui ne sont ni visibles ni tangibles sans appareillage et que la science n'a pas pu mettre en évidence qu'à une période relativement récente. Toutefois, lorsqu'il s'agit du ki, il n'est pas rare qu'une personne qui se veut rationnelle rejette a priori l'idée, parce que le ki n'est pas tangible et , sans doute, plus profondément, parce qu'il touche l'expérience subjective.


En effet, le ki n'est pas une conception abstraite, c'est l'écoute des sensations corporelles par lesquelles on capte son environnement en même temps que la façon dont s'y positionne.


D. L




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Article n°5

sur le livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Le ki dans la culture japonaise


Dans la langue japonaise, de très nombreuses expressions comportent le mot ki et d'autres supposent. J'ai été confronté à cette question lorsque j'ai traduit le texte de Miyamoto Musashi, Ecrits sur les cinqs éléments – Gorin-no-sho.


Dans ce texte, Musashi utilise un grand nombre de fois le mot kokoro, qui est habituellement traduit par « esprit », mais ce mot est intraduisible par un mot unique. Selon les cas, kokoro doit être traduit par « esprit, sentiment, sensation, sens, pensée, idée, signification, essentiel, coeur, centre, noyau », etc.


Cependant, même après avoir utilisé ces différents mots pour traduire kokoro, il reste toujours une sensation d'incomplétude dans la traduction. J'ai longtemps cherché pourquoi, avant de comprendre que Musashi employait des mots en se basant sur une sensation que les Japonais de l'époque, et surtout les adeptes d'arts martiaux, connaissaient et partageait.


A travers la sensation du ki, les Japonais semble avoir capté des phénomènes naturels sans chercher à les expliquer.

D. L

Afficher article  Communiquer silencieusement avec l'univers...

Article n°4

sur le livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Une clé pour le budô


Je fais des efforts pour arriver à l'étape du dépassement de la vie et de la mort, afin de faire fusionner mon être avec l'univers. C'est le moment le plus tranquille pour moi pour communiquer silencieusement avec l'univers. C'est le retour à soi et le retour au vide.

Je m'entraîne en portant le sabre en bambou, shinaï, comme un sabre avec lequel je cherche à faire fusionner la technique et la raison.


La tension vers la formation de soi, au sens où je l'ai exposée plus haut, n'apparaît pas d'une manière abstraite mais s'appuie sur une sensation corporelle concrète. Il s'agit d'une sensation corporelle que tous les êtres humains peuvent concevoir quelle que soit leur origine culturelle. Autrement dit, cette sensation corporelle est la clé qui permet de pratiquer le budô à part entière, en dépassant les obstacles culturels.


En quoi consiste cette sensation corporelle? En Japonais, elle est exprimée par la notion du ki, nous venons d'en voir un exemple.

Comment être sûr que vous ne bâtissez pas d'illusion et que votre pratique martiale devient budô?

Il existe un indice qui, à la fois, qualifie le budô et vous appuie dans votre progression, c'est le ki. En ce sens, le ki est la clé pour la pratique du budô. Il s'agit d'une certitude intérieure, extrêmement difficile à expliquer avec des mots, mais communicable corporellement.

D. L

Afficher article  Le problème du budô pour le adeptes étrangers

Article n°3

Extrait du livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Le problème du budô pour le adeptes étrangers


Quels sont les problèmes que rencontre le plus souvent les adeptes étrangers, en particulier les Occidentaux ?

La voie, pour les Japonais, concerne toute la durée de la vie. La notion de budô comporte une tension vers l'amélioration de soi-même, c'est à dire de la personne dans sa totalité à travers la pratique martiale. Cette expression est compréhensible pour les Occidentaux, mais ils ne donnent pas le même sens que les Japonais.


Une clé pour le budô

La pensée de la voie apparaît spontanément, lorsque la tension vers la formation de soi s'associe à la pratique de l'art martial dans une progression au cours du temps. Autrement dit, aussi longtemps que cette tension n'apparaît pas, une pratique ne peut pas comporter la pensée de la voie et, par conséquence, elle ne se constitue pas en budô.


Au sens rigoureux du terme, le budô ne désigne pas des disciplines particulières, mais la qualité et le contenue de la façon de pratiquer une discipline martiale. Ce n'est donc pas parce que vous pratiquez avec sérieux le kendô, l'aïkidô, le karaté-do, l'art du bâton (jôdô), le tir à l'arc (kyûdô), bref les disciplines qui ont le suffixe dô, que vous pratiquez le budô.


D. L

Afficher article  La transmission du budô par les Japonais

Article n°2

Etrait du livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


La transmission du budô par les Japonais

Pour les maîtres Japonais, une des difficultés les plus importantes est la communication des techniques corporelles du budô liées aux aspects spirituels. Car, s'ils veulent vraiment être compris, ils sont obligés de relativiser leur conception de la vie en regard de celle des occidentaux, ce qui les conduit à une certaine mise en cause de leur propre conception du monde. Ce n'est pas une chose facile.


Pour avancer dans la pratique du budô, il faut de la concentration, de la volonté, de la conviction, voire un esprit immuable, afin de pouvoir persévérer durant des années d'entraînement. La volonté nécessaire pour les entraînements durs et longs n'est pas forcément compatible avec l'effort d'une réflexion théorique et logique approfondie.

Dans leur majorité, les maîtres puisent l'énergie nécessaire pour nourrir la pratique du budô dans la sensation d'une recherche de la perfection, même lorsque cela n'est pas bien conscient.

D. L


Afficher article  Qu'est-ce que le budô?

Article n°1

Extrait du livre de : Kenji Tokitsu

BUDÔ Le ki et le sens du combat

Edition désiris


Mes passages préférés


Qu'est-ce que le budô?

Contrairement à une idée répandue dans le milieu des arts martiaux, le budô n'est pas une reprise directe de la pratique guerrière des arts martiaux. C 'est une conception moderne qui vise une formation globale de l'homme, intellectuelle et physique, au travers des disciplines traditionnelles de combat.


Le budô évoque des images de sérieux, de sévérité, de rituel, de respect envers les anciens et le maître, de méditation silencieuse, etc. Le budô donne ainsi l'impression d'une pratique conservatrice et d'une attitude austère ; le dôjô évoque la sérénité d'un espace sombre, au parquet lisse. Ces images s'opposent à celle du sport dans la lumière éclatante d'un gymnase ou en plein air. En effet, lorsqu'on dit sport, l'image est plus libre et en quelque sorte plus ensoleillée.


A partir d'une analyse de la pratique martiale, je décrirai les principales caractéristiques de la conception Japonaise de la voie : c'est le temps de la vie, depuis la naissance jusqu'à la mort, qui constitue la voie. Elle comporte des pentes ascendantes et descendantes.


Chacun parcourt cette voie, mais elle ne s'impose pas à la conscience et il est facile de se disperser dans le temps qui passe. A partir du moment où l'on parle de voie, il y a une direction ou un objectif. Aussi longtemps que cette sensation n'est pas vécue en pratique, le budô risque de rester une abstraction, même si l'on en a une connaissance historique et culturelle.


D. L

Afficher article  Compte-rendu Seitei / ZNKR septembre 2009

Le texte ci-dessous est un compte-rendu technique rédigé par la ZNKR en septembre 2009. Aussi, nous joignons la version originale, pour ceux qui souhaiteraient traduire ce document.

ShinBuKan Dojo

http://shinbukan-dojo.chez.alice.fr


COMPTE-RENDU


1 – L' étiquette lors du salut.

- A la fin du salut (lorsque l'on soulève le sabre), on ramène le sabre doucement face à soit, en son centre.

- Lorsque l'on glisse le sabre dans son Obi, il faut le diriger sur un angle de 45°, contrairement à ce que font la plupart des gens... Il faut tenir l'angle à 45°et ne pas le relâcher.


2 – Deuxième Kata : Ushiro.

- Le mouvement dépend de l'entrainement et/ou du niveau (il s'agit de la rotation).

- L' ennemi / l' adversaire, derrière vous, n'est pas exactement sur la même ligne, il se trouve près de vous légèrement décalé sur votre gauche.

- A la fin de la rotation, on fait « nukitsuki » ou « nukitsukeru » et au même moment, on déplace fermement le pied gauche vers la gauche.


3 – Troisième Kata : Uké Nagashi.

- Le « sayabanaré » s'ajoute / s'effectue dans le mouvement qui amène à la coupe, le « nukiagé ».

- Le pied droit se positionne (pivote) de telle façon à former le « i » des Katakana avec le pied gauche au moment ou le sabre quitte le « koiguchi ».

- A ce moment là, votre corps se trouve face à l'adversaire.


4 – Sixième Kata : Moroté Tsuki.

- L' ennemi derrière vous, se trouve sur la même ligne.

- Lors de la rotation, le pied gauche remplace le pied droit : « fumikai » ou « fumikaeru ».

- La rotation des hanches et le mouvement des mains se font ensemble dans le même temps.

- Dans Uké Nagashi, on fait le “furikabutté” avec la lame, en ramenant le sabre au dessus de la tête, ici, dans Moroté Tsuki c'est la “tsuka kashira” qui monte devant vous comme un “furikabutté”(une sorte de “furikabutté avec la “tsuka”...).

- Les “fumikaéru” des Katas N°6 (Moroté tsuki), 8 (Ganmen Até) et 10 (“Shiho Giri”) sont tous différents, l'écart entre les pieds changent selon le Kata, en fonction de la situation face à (aux) l'adversaire(s).Donc, il ne faut absolument pas uniformisé la position et l'écart des pieds pour tous ces Katas, il sont tous adaptés à leur nature propre. Il est impératif que ces Katas soient enseignés comme indiqué.


5 – Huitième Kata : Ganmen Até.

- Lorsque vous effectuez la rotation vers la gauche, votre pied droit sert de pivot et vous placez le pied gauche bien en position sur la gauche. L'adversaire qui se trouvait, alors, derrière vous sur la même ligne se retrouve en face de vous légèremnet en biais sur votre droite.

- Le cas du “tsuki” : On fait le tsuki de façon à resserrer le poing droit tout en le ramenant au niveau de la hanche droite, il en résulte que votre sabre se trouve légèrement dirigé vers l'intérieur de votre position, sur votre ligne centrale, à ce moment, le “kissaki” est dirigé vers votre “centre juste”.


6 – Dixième Kata : Shiho Giri.

- Quand on réalise l'attaque sur le poing de l'adversaire, on doit légèrement reculer le pied gauche vers la gauche, sinon, on ne peut pas appeler ça le Hito E Mi (Après le 2ème pasle corps s'oriente à 45% pour faire face à l'ennemi) .